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Kaolack: Pape Simakha fustige la lenteur judiciaire et interpelle les autorités

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À sa sortie de garde à vue au commissariat central de Kaolack, Pape Simakha, coordonnateur du projet Aar Sunu Projet, a tenu un discours fort. Il a dénoncé la lenteur insoutenable du système judiciaire, en particulier la multiplication des longues détentions préventives, et a lancé un appel pressant à l’État du Sénégal.

Durant sa détention, Pape Simakha dit avoir été témoin d’une réalité brutale : des hommes, parfois très jeunes à leur arrestation, sont maintenus en prison depuis deux à trois ans sans jugement.

 » Ce que j’ai vu, ce sont des Sénégalais oubliés dans les geôles de la République. Ils sont privés de liberté sans procès, sans perspective. Ce n’est plus de la justice, c’est de la négligence institutionnelle.  »

Avec seulement deux cabinets d’instruction pour toute la région, la justice à Kaolack est engorgée. Les dossiers s’accumulent, et les procédures piétinent.

 » Ce n’est pas acceptable qu’on puisse enfermer des gens aussi longtemps sans les juger. L’État doit prendre ses responsabilités.  »

Au-delà du non-respect des droits humains, Pape Simakha pointe un manque flagrant de rationalité économique : » Tous ces détenus consomment de l’eau, de l’électricité, de la nourriture, des soins médicaux. C’est l’État qui paie. Et dans bien des cas, ce sont des délits mineurs qui auraient pu être traités autrement.  »

Face à cette situation, le coordonnateur du projet Aar Sunu Projet interpelle directement les autorités sénégalaises : » L’État doit agir maintenant. Il faut accélérer les procédures, recruter plus de juges, réformer en profondeur le système judiciaire. On ne peut pas continuer à priver des citoyens de leur liberté sans jugement. C’est une question de justice, mais aussi de dignité humaine.  »

Loin d’être découragé par son arrestation, Pape Simakha affirme que cette expérience renforce son combat pour la justice sociale et les droits humains : » Ma garde à vue ne m’a pas affaibli. Elle m’a donné une raison de plus de me battre pour ceux qui n’ont ni micro, ni avocat, ni famille pour parler en leur nom.  »
Aïda Camara/ JC

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