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Leadership environnemental et agentivité climatique : à Toubacouta, les femmes rurales unissent leurs forces entre le Saloum et la Casamance

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À Toubacouta, la célébration de la Journée internationale de la femme rurale a pris une tournure inédite cette année. Le bureau de SOCODEVI Sénégal, à travers son Programme de Leadership Environnemental et d’Agentivité Climatique, a réuni des femmes venues du Delta du Saloum, de la Casamance et même du Québec. Objectif : renforcer le leadership féminin et promouvoir une gouvernance inclusive des ressources naturelles.

‎ »  Ce qui nous réunit ici, c’est la volonté de marquer de manière symbolique et concrète cette journée des femmes rurales « , souligne Mame Bineta Fall, conseillère régionale en égalité des genres au bureau de SOCODEVI Sénégal.

‎ » Cela fait près de deux ans que nous accompagnons ces femmes issues des AMP, APAC, GIE et GPF des zones d’intervention du projet Natur’elles. Nous les formons à la prise de parole, au plaidoyer, à la négociation et à la gouvernance inclusive.  »

‎Cette troisième session de formation, conçue comme une consolidation des acquis, a permis de mesurer les progrès des participantes. Désormais, ces femmes n’hésitent plus à s’exprimer, à défendre leurs idées et à s’impliquer dans les instances de décision.

‎ » Nous étions souvent en retrait, mais aujourd’hui nous osons parler en public et défendre nos points de vue « , témoigne Awa Ba, transformatrice et secrétaire générale d’un GIE à Palmarin.

‎ » Grâce à la formation de leadership initiée par SOCODEVI, nous avons gagné en confiance. Dans les comités de gestion, nous n’acceptons plus d’être derrière.  »

‎Les effets du programme sont déjà visibles. Dans l’APAC de Djilor, sept femmes siègent désormais sur quatorze membres du bureau exécutif. À Joal, une femme occupe le poste de vice-présidente du comité de gestion, tandis qu’en Casamance, plusieurs participantes sont devenues responsables de commissions au sein de leurs structures locales.

‎ » Les femmes prennent désormais leur place, et des commissions genre ont été créées dans plusieurs comités de gestion « , se félicite Mame Bineta Fall.

‎La journée a également été marquée par une visite d’échange dans le périmètre agroforestier de bamboung , un GIE modèle où les femmes pratiquent une agriculture durable et rentable.

‎ » Ces femmes sont des porteuses de solutions. Elles assurent la sécurité alimentaire tout en protégeant l’environnement  » , affirme Mme Fall.

‎La délégation a ensuite visité “L’Unité”, une boutique de transformation agricole. L’occasion pour les participantes de s’inspirer de nouvelles techniques de transformation et stratégies commerciales pour mieux valoriser les produits locaux.

‎Pour Oumy Gueye, coordonnatrice du CEDAF de Fatick, cette célébration marque une évolution dans la manière d’aborder la Journée de la femme rurale.

 

‎ »  D’habitude, nous organisions des panels, mais cette année, la journée a été vécue sur le terrain. Les échanges entre femmes du Delta et de la Casamance ont permis de véritables apprentissages.  »

‎Elle attire toutefois l’attention sur un défi majeur :  » Les femmes ont besoin d’être formées et accompagnées financièrement. Sans financement, il sera difficile de pérenniser ces initiatives.  »

‎Le Programme de Leadership Environnemental et d’Agentivité Climatique, mis en œuvre dans le cadre du projet Natur’ELLES, a déjà formé 79 femmes. Mais l’ambition de SOCODEVI ne s’arrête pas là.

‎ » À partir de janvier, nous lancerons une nouvelle cohorte de formation pour renforcer encore le pouvoir d’action des femmes dans la gestion des ressources naturelles « , annonce Mame Bineta Fall.

‎L’objectif est de consolider un réseau durable de mentorat féminin, capable d’influencer les décisions locales et de défendre la justice climatique à travers tout le pays.

‎Aida camara

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