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Campagne arachidière 2025 : Dr Abdou Aziz Mbodji, maire de Ndiédiéng, sort de son silence et interpelle les autorités étatiques.
Excellence Monsieur le Président de la République,
Bassirou Diomaye Faye,
Monsieur le Premier Ministre,
Ousmane Sonko,
Monsieur le Ministre chargé de l’Agriculture,
Mabouba Diagne,
La campagne de commercialisation de l’arachide pour l’année 2025 peine à démarrer au Sénégal, suscitant de vives inquiétudes chez les producteurs, pourtant au cœur de cette politique publique stratégique. Sur le terrain, notamment dans les zones de Kaolack, Ndiedieng et Keur Madiabel, les difficultés s’accumulent et risquent de compromettre les efforts consentis par l’État.
Le gouvernement a certes fixé un prix plancher de 305 F CFA le kilogramme, une mesure saluée par l’ensemble des acteurs du monde rural. Cependant, cette décision reste largement inappliquée dans plusieurs localités. Faute de points de collecte fonctionnels et opérationnels, de nombreux paysans se retrouvent contraints de céder leur production à des prix nettement inférieurs, oscillant entre 250 et 260 F CFA le kilogramme.
Par ailleurs, une forte affluence de camions est observée au niveau des usines lors des opérations de déchargement. Cette situation interroge sur le respect réel du prix officiel d’achat de l’arachide. Tout porte à croire que certains intermédiaires tirent profit de cette désorganisation : ils achètent l’arachide à bas prix auprès des producteurs avant de la revendre aux structures étatiques à 335 F CFA, réalisant ainsi une marge conséquente au détriment des paysans.
Dans ce schéma, les producteurs apparaissent comme les grands perdants, tandis que l’État subventionne indirectement, et sans le vouloir, certains opérateurs privés. Une telle dérive va à l’encontre des objectifs de justice sociale et de soutien au monde rural, pilier de la souveraineté alimentaire nationale.
Face à cette situation préoccupante, des mesures urgentes s’imposent afin d’éviter un nouvel échec, surtout après les mauvaises récoltes de l’année précédente. Il est notamment recommandé :
de renforcer et contrôler efficacement les points de collecte ;
d’assurer une application stricte du prix plancher sur toute l’étendue du territoire ;
et d’ouvrir les frontières aux exportateurs privés, afin d’instaurer une concurrence saine et favorable aux producteurs.
Le gouvernement ne saurait accepter que les efforts déployés pour soutenir l’agriculture nationale soient détournés au profit d’une minorité. La crédibilité de l’action publique et la survie du monde rural sont en jeu.
Dr Abdou Aziz MBODJI
Maire de Ndiedieng
Membre de PASTEF Ndiedieng