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Droits des femmes : JGEN Sénégal mobilise les actrices communautaires à Kaolack

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KAOLACK INFOS LE 19 OCTOBRE 2026 

JGEN Sénégal veut accélérer la défense des droits des femmes et des filles au Sénégal. En collaboration avec plus de 60 organisations de la société civile, la structure a engagé les Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles. À Kaolack, sa présidente, Maimouna Astou Yatt, a réuni les points focaux, les superviseurs et les actrices communautaires de la zone centre pour les former à leurs rôles et responsabilités dans la conduite de ce processus.

 

Pour la présidente de JGEN Sénégal, ces assises arrivent à un moment crucial. Elles doivent permettre aux femmes d’évaluer les avancées réalisées dans la reconnaissance de leurs droits, mais aussi de relever les insuffisances qui persistent. Plusieurs textes sont concernés, notamment les lois sur la parité, la nationalité, la criminalisation du viol et de la pédophilie, ainsi que les dispositions relatives aux violences basées sur le genre.

 

« Nous voulons aujourd’hui avoir la possibilité, en tant que femmes, d’évaluer l’ensemble de ces dispositions et de nous dire : actuellement, quels sont nos objectifs et nos défis en matière de droits des femmes ? », a expliqué Maimouna Astou Yatt.

 

Au-delà de ce bilan, JGEN Sénégal veut identifier les urgences et les priorités afin de proposer des solutions concrètes. La présidente insiste particulièrement sur la nécessité de revoir les dispositions légales qui continuent, selon elle, de défavoriser les femmes et les filles.

 

« Nous voulons que les dispositions discriminatoires à l’égard des femmes et des filles, que ce soit au niveau du Code de la famille ou du Code pénal, puissent être revues, pour qu’on puisse parler de justice sociale et d’équité », a-t-elle déclaré.

 

L’ambition de l’organisation est de conduire ces consultations dans les 46 départements du Sénégal et, à terme, dans les 558 communes. Les conclusions seront documentées et transmises au président de la République afin de porter les préoccupations des femmes au plus haut niveau de l’État.

 

« Les femmes ont décidé de travailler sur leurs propres conditions et elles veulent des changements », a affirmé Maimouna Astou Yatt. Elle appelle également à une plus grande participation des femmes à la vie politique et aux instances de décision. Selon elle, les femmes doivent davantage prendre les devants et contribuer au choix des responsables chargés de défendre leurs intérêts.

 

Pour mener cette mission sur le terrain, JGEN Sénégal compte notamment sur les Badjenu Gox. La présidente de l’organisation estime que ces actrices communautaires occupent une place incontournable dans la société, notamment dans les domaines de la santé maternelle et infantile, du développement communautaire et de la prise en charge des survivantes de violences.

 

« Les Badjenu Gox sont incontournables dans notre société. C’est pourquoi les mettre au-devant, c’est les responsabiliser, les renforcer et choisir le développement du Sénégal », a-t-elle souligné.

 

Cette mobilisation passe également par la formation des points focaux, des superviseurs et des femmes identifiées dans les différentes localités. À Kaolack, cette session doit permettre à chacune de mieux comprendre ses responsabilités et de contribuer à la collecte des préoccupations des populations.

 

Pour Anta Dia Ly, représentante des Badjenu Gox, leur implication consiste à faire entendre les difficultés quotidiennes des femmes. « Notre implication dans les assises consiste à porter haut les préoccupations des femmes, leurs souffrances et les problèmes qu’elles rencontrent au quotidien, afin de trouver des solutions durables », a-t-elle expliqué.

 

Elle souligne que les consultations doivent prendre en compte les difficultés vécues dans les foyers, dans les activités quotidiennes et au sein de la communauté. Les échanges menés avec les populations doivent permettre de proposer des réponses adaptées aux réalités locales. Elle estime également qu’il faut comprendre les causes des violences pour mieux les prévenir.

 

De son côté, Ndèye Lobé Lam, adjointe au maire de Kaolack, venue représenter le maire, a mis l’accent sur l’importance de l’autonomisation économique des femmes. Elle a rappelé que la commune dispose de programmes, notamment dans le domaine de la formation, pour renforcer leurs capacités et leur indépendance financière.

 

« Le pouvoir économique d’une femme ne peut que la libérer. On ne peut pas être sous l’emprise de quelqu’un et vouloir revendiquer certains droits », a-t-elle déclaré. Pour l’adjointe au maire, le renforcement du pouvoir d’achat des femmes constitue un levier essentiel pour leur permettre de mieux prendre en charge leurs besoins et de revendiquer leurs droits.

 

À travers ces assises, JGEN Sénégal et ses partenaires entendent ainsi dresser un bilan des avancées, identifier les obstacles persistants et formuler des recommandations concrètes. L’objectif est de renforcer la protection des femmes et des filles, de promouvoir leur autonomie et de favoriser une meilleure prise en compte de leurs droits dans les politiques publiques.

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